Journal de campagne, portrait d’un ambitieux, roman politique, évènement de la rentrée littéraire, que de qualificatifs variés pour le nouveau livre de Yasmina Reza ! Si un ouvrage était attendu, c’est bien celui-la. Pas autant que le dernier Harry Potter quand même ; mademoiselle Reza ne fait pas dans le populaire. Depuis l’immense succès de la pièce de théâtre Art, elle incarne subtilement la gauche caviar, ces pipeaules ignorés par Voici et qui méprisent Gala. Et de se prendre à écrire sur le candidat Sarkozy en campagne, tel un Moati sans caméra, mais avec des mots bien choisis. Et de joliment retranscrire en langage stylisé des impressions, des moments de vie, des séances de travail. La plume se veut pinceau. Paris valait bien une messe, l’ambition littéraire vaudra bien une immersion dans l’adversité. L’objet existe, délicat, irréel, il transcende les genres et a donc atteint son but. Création philosophique sur fond authentique, L’aube le soir ou la nuit se fait précieux pour jongler avec le vulgaire. Rencontre de la dramaturge parisianiste et du harangueur des provinces. Chaque lecteur y prendra ce qu’il y vient chercher et ce qu’il y apporte : anecdotes, petits secrets révélés, réflexions sur la méthode, confirmation du personnage ou redécouverte de l’acteur. Oui, voici ce que Yasmina Reza a prélevé dans l’homme étudié : l’acteur politique, celui qui, par ses actes, joue un rôle dans l’histoire. France, septembre 2007. Après quatre mois de pouvoir, Nicolas Sarkozy continue sur le même rythme, et tous de prendre sa foulée, son braquet ou ce que vous pouvez. Les italiens nous l’envient, les américains voteraient pour lui s’il se présentait. Roi de la communication, il existe sur tous les terrains et le fait savoir, avec cette touche de vulgus pecum paternel. Il soutient le PSG au Parc des Princes, et ses fils l’accompagnent. Il accompagne les forçats de la route dans leur escalade vers l’Alpe d’Huez, sans vouloir nous faire croire qu’il les connaît. Il les connaît ! Yasmina Reza l’a côtoyé pendant une année entière et peut en témoigner. Alors quoi, c’est ça l’évènement ? Le Président de la République est un français moyen qui adore Chimène Badi, Johnny Hallyday, le vélo et le foot. On le voit torse nu sur des photos, et il dit des gros mots quand il est énervé. Il est vantard et bagarreur comme Saturnin le canard, il a peur de la fuite du temps - présupposé de la dramaturge confirmé sans surprise - il aime surtout gagner. Où se niche l’évènement ? Dans le rire gras et revanchard des plumitifs médiocres ? En réalité, il n’y en a pas. Uniquement un excellent livre qui dépasse heureusement les attentes des intellectuels de gauche et de droite, lesquels se délectaient déjà des traits d’esprits de Melle Reza aux dépens de l’avocat jugé parvenu. Le seul évènement, comme le souligne son étymologie - avènement - a déjà eu lieu : il survint le 6 mai dernier et ne cesse depuis de prendre de l’ampleur. Comme Mitterrand en son temps, Nicolas Sarkozy a enclenché un processus rénovateur de la société dans sa profondeur. Il situe les valeurs, érige les paradigmes et toujours en mouvement mène la marche. Pour aboutir totalement, il faudra un peu de temps, ce bien le plus rare et le moins substituable, mais l’acteur devenu personnage de roman inspire désormais la moindre action à tous les réalisateurs du pays, les entrepreneurs, dirigeants et hommes de bonne volonté. Alors si vous avez aimé le livre, vous adorerez le film. Prochainement partout.
mercredi 5 septembre 2007
jeudi 19 juillet 2007
REVE D’ENFANCE
Lorsque j’étais enfant, vers 9 ou 10 ans, je voulais être Président. Ou Pape. Ca dépendait des jours. Pape, c’était plus vaste, mais je ne croyais pas en Dieu, et cela me semblait éliminatoire pour le poste. Je me souviens de l’élection de 1974, le suspense touchait à son paroxysme. Giscard, non Mitterrand, ah VGE repasse en tête. Oui, il a gagné. Tous les regards, les espoirs, les craintes aussi, convergeaient vers un seul homme, l’Elu. Oui, me dis-je alors, je serais Président de la République, et tout le monde m’aimera, je pourrai faire le bien, les vilains cocos (je savais depuis deux ans qu’il ne s’agissait pas de singes) ne pourront pas nous envahir. Le journal de Mickey sera distribué gratuitement, Saint-Etienne gagnera la coupe d’Europe des clubs champions, et Elvis Presley donnera un concert rien que pour moi. Les rêves d’enfants passent avec le temps, on se penche sur les choses sérieuses comme l’acné, les seins des filles, les manifestations étudiantes et le cinéma. On intègre Sciences-po mais la foi a disparu. Pas pour tout le monde. Certains y croient plus dur que d’autres, et ils ont raison : Nicolas Sarkozy a fait jouer Michel Polnareff sur le champ de Mars, rien que pour lui et quelques autres ; il a fait défiler comme dans son imaginaire de loupiot toutes les armées européennes sur les Champs-Elysées ; il ne lui reste plus qu’à faire gagner le championnat au PSG, mais enfin là, à l’impossible nul n’est tenu. C’est quand même extraordinaire, cette propension à transformer le rêve en réalité ! Et la France, cette vieille coquette trop maquillée, fond pour ce séducteur, enjôleur, baratineur qui trouve les mots pour lui redonner envie de plaire, de faire, d’exister. A marche forcée, à la baïonnette, à la hussarde, elle se fait prendre comme au temps du Général. « Et bien se dit la vieille, qu’on me désire encore, ce serait extraordinaire et pour tout dire inespéré ». Brassens l’a chanté, Nicolas l’a incarné. Ce Nicolas Sarkozy, quel bel homme, pourrait dire Laurent Gerra imitant un Jack Lang conquis à son tour. Et tandis que se poursuit la session parlementaire extraordinaire, les français confiants et repus laissent les clés de la République à leur nouvel héros et s’évanouissent sur les plages humides, dans les montagnes pleines de vélos sans seringues ou au cœur des campagnes si vertes qu’un radar s’est perdu. Dans 45 jours déjà, la fin des amours de vacances : la France se retrouvera-t-elle abandonnée ? Fera-t-elle une poussée de fièvre jalouse : tu ne me regardes plus comme au printemps, Nicolas, tu en aimes une autre, cette Europe bien grasse qui déborde de partout, jusqu’en Turquie. Ou bien cette Afrique cambrée et souriante, j’ai bien vu comment tu voulais la persuader de vivre avec nous si elle accepte de parler français et de faire garder ses enfants par la tribu. Tu m’avais promis que tu m’aimerais toujours, que j’étais la seule. Pas si facile d’être Président ! Après l’état de grâce surgit toujours la crise de confiance, comme dans un couple. C’est à la façon de la gérer que se gagnent ou se perdent les quatre ans et demie qui suivent. Gageons que la dynamique présidentielle ne sera pas enrayée par les pâles et rares rayons de soleil de l’été français. Et si la photosynthèse ne suffit pas, il reste encore les UV.
lundi 9 juillet 2007
LE TEMPS DES MAGICIENS
Tous les magiciens ne prononcent pas la même formule pour combattre les forces du mal. Cette semaine, deux grands sorciers utilisent des sortilèges pour triompher de leurs ennemis ; le résultat en sera forcément différent. Le célèbre Harry Potter tente de convaincre les fonctionnaires du ministère de la magie que celui-qu’on-ne-doit-pas-nommer est de retour. Ces incrédules se protègent en nommant un nouveau directeur dont la tâche principale sera d’humilier le présomptueux chenapan. Heureusement, le malicieux enchanteur vaincra les méchants et les lâches, non sans subir de douloureux dommages collatéraux. Encore plus fort, Nicolas Sarkozy emploie deux incantations à la fois, la première pour détruire de l’intérieur le Parti Socialiste, la seconde pour faire avaler des couleuvres à ses amis. Répertoriée sous le terme d’Ouverture dans le grand livre de la magie politique, cette pratique qui englobe les deux charmes est particulièrement complexe à réussir et nécessite une dextérité, une expérience et une puissance au dessus de la moyenne. Nombreux sont ceux qui l’ont invoquée ; peu y sont parvenus sans créer de terribles effets pervers : révolution, dissolution, échec aux élections. Les outrecuidants mages ne sont plus que souvenirs oubliés… Nicolas Sarkozy prouve qu’il n’a pas peur de l’échec, car sa confiance est inébranlable. Il faut dire que le terrain est propice aux expérimentations : le PS n’en fini plus de s’effondrer sur lui-même, ses membres éminents fuient par chaque ouverture, tels des éphémères attirés par la lumière brillante du soleil. Ils savent qu’ils vont brûler, mais ils foncent droit devant. Car derrière eux, la sirène Segolenator avance et ne leur laissera aucune chance. Entre deux maux, autant choisir celui que l’on n’a pas encore subi. Plus difficile, la seconde partie de l’enchantement consiste à violer la droite qui pensait avoir gagné le droit à participer à une politique économique libérale et qui observe ses adversaires lui prendre les postes auxquels elle prétendait. Il s’agit, mesdames, messieurs, d’un tour extrêmement difficile, je vous prierais de retenir votre souffle, de vous armer de patience et de me faire confiance. Dès que le premier sortilège aura rempli son office, à savoir la désintégration de la gauche classique, je viendrais solliciter quelques-uns parmi vous pour bâtir le grand parti du Président, ni droite, ni gauche, ni centre. Des hommes et des femmes, à parité, des blancs, des noirs et des arabes, à parité, des asiatiques s’ils le demandent, chaque tranche d’âge représentée, des gays et des hétéros, des sportifs et des fumeurs, des patrons et des salariés, tous à parité. Et nous montrerons au monde que la France est redevenu le pays le plus progressiste du monde. Ensuite, je vous montrerai un nouveau tour de magie pour résorber le déficit public. Applaudissements. Mérités. Après Besson, Kouchner et Bockel, DSK et Jack Lang vont-ils être « piégés » à leur tour par le nouvel Houdini ? Certains socialistes applaudissent, François Hollande garde seul une maison gruyère qu’il défend avec conviction et sans espoir, face à la double adversité de Ségolenator et du magicien Sarkozyni. En 1969, le grand Ensorceleur Mitterrand avait métamorphosé la SFIO en PS, avec la rose comme baguette magique. Il semble bien que 2007 sonne comme le début de la fin de cette formidable illusion, qui parvint à brouiller les esprits de nombreux spectateurs pendant près de quarante ans, survivant à son créateur. Et voici que s’annonce la tempête fomentée par une magicienne nouvellement diplômée, pour que renaisse le mirage d’une gauche républicaine responsable. La magie n’est pas prêt de quitter le monde.
PG-09 juillet 2007
lundi 2 juillet 2007
L’AFFAIRE GUY ROUX
En 1995, il y a eu l’arrêt Bosman, célèbre décision de la Cour de Justice Européenne, qui a profondément transformé le football en appliquant aux joueurs le droit à la libre circulation des travailleurs entre états membres. Depuis, nos meilleurs joueurs se font encourager par les anglais, les espagnols ou les italiens, et notre championnat, survalorisé financièrement, est le théâtre de l‘affrontement de seconds couteaux, de jeunes pousses et de futurs retraités. En 2007, y aura-t-il un arrêt Guy Roux ou même une loi Guy Roux ? Le Président de la République, madame le ministre des finances, et madame le ministre des sports sont tous intervenus, à différents niveaux, pour défendre le droit au travail de l’idole du peuple d’Auxerre parti pour Lens. Quoi, on veut empêcher un homme, qui plus est une personnalité, de travailler après 65 ans ! C’est honteux. Injuste. Que ce soit la règle de la Charte de la corporation, que Guy Roux l’ai acceptée dans un premier temps, ce n’est pas une raison pour ne pas s‘en émouvoir ensuite… Il est bien triste de constater qu’une fois de plus, la polarisation des médias sur le cas d’un people représente le meilleur moteur, sinon le seul, pour transformer la société. La pyramide des âges est devenue un cylindre, les seniors peuvent en remontrer aux plus jeunes, et Jeannie Longo, 48 ans, est devancée par Edwige Pitel, 40 ans aux derniers championnats de France de cyclisme féminin. Fini le jeunisme. Les gamins, vous devrez patienter avant de nous prendre nos places, car avec la future loi Guy Roux, on s’arrêtera quand on voudra. Et si on veut faire une pause une année et revenir ensuite, il vous faudra nous laisser la place. Et toc ! Reste que cette situation n’est pas sans répercussion sur la société. Je ne parle pas des 21% de chômeurs de moins de 25 ans - parmi ceux-ci, trois sont candidats (d’après mes sources) au poste d’entraîneur de Lens si Guy Roux n’obtient pas gain de cause : leur nombre ira croissant si la croissance ne croît pas. Je m’interroge sur la montée du tanguysme, ce phénomène décrit par Etienne Chatilliez en 2001 dans le film Tanguy. En effet, avec la loi Guy Roux, la concurrence entre jeunes et vieux se fera évidemment au détriment de la bleusaille, inexpérimentée mais aux revendications salariales insensées. Donc fini le travail pour les jeunes. Dès lors, pas de travail, pas de logement, pas de logement, pas de travail. Or, les parents étant de plus en plus responsables des faits et gestes de leur progéniture, impossible de les laisser dans la nature livrés à eux-mêmes, sous peine de prison pour les dits parents. Les enfants vont donc rester au sein du nid parental, et tel des parasites, vivre aux crochets des aïeux, rançonnant le grand-père à sa sortie de bureau, mettant la mamie sous pression pour confisquer sa prime de compétitivité. Ce sera l’enfer sur Terre pour les plus de 40 ans. La lutte des classes deviendra la lutte des âges. Ignorant les bienfaits du travail, cette génération transmettra à sa descendance les valeurs de la sangsue et du ver solitaire. Le savoir sera perdu ; faute de travailleurs, les entreprises fermeront leurs portes les unes après les autres. Il n’y aura plus de transports, on cueillera des fruits pour se nourrir et l’espère humaine s’éteindra, incapable de se défendre contre les animaux redevenus sauvages. Et tout ça parce que Guy Roux a voulu, ce jour de juin 2007, recommencer à travailler à 68 ans… Au fait, qu’en pensent MM. Le Lay et Mougeotte ?
PG-2 juillet 2007
dimanche 17 juin 2007
LA GUERRE DES ROSES
A l’image du PSG, la France est incapable d’enchaîner plusieurs victoires de rang. Après trois élections pour reprendre confiance, on retombe dans les atermoiements, les doute, la médiocrité. Les français sont pire que des veaux : des moutons grégaires et craintifs, il suffit de revoir « La traversée de Paris » pour se dire que rien n’a changé. « Salauds de pauvres », criait Gabin au cafetier qui ne voulait pas d’histoires . La TVA sociale, en voila une drôle d’histoire. Sarkozy en avait parlé, ah bon ? On n’avait pas compris. Félicitations pour le courage en tout cas : annoncer, entre les deux tours d’une législative, une réforme qui peut avoir une implication sur le pouvoir d’achat des électeurs, nécessite du cran et de l’honnêteté. De la candeur aussi, voir le goût du suicide ! On ne porte pas le titre de droite la plus bête du monde depuis 1924 pour rien. Malgré la remise en forme par Nicolas Sarkozy au pas de course depuis quelques mois, il reste encore des scories. Tout de même, les électeurs n’ont pas donné un blanc-seing au Président, et la gauche possède une capacité de nuisance inversement proportionnelle à sa capacité de faire des propositions. Elle est donc à son meilleur niveau en ce moment. Un joli relais des médias pour embrouiller ce qui est déjà complexe et le tour est joué : TVA sociale=avantage aux riches=entourloupe de droite. Bêêêh, bêêêh, bêêêh font nos moutons… Bah, la majorité absolue est acquise et seule la victoire est belle. Après tout, de ces élections législatives, on retiendra peu d’évènements : la tristesse pour Juppé, qui ne finira jamais de payer pour Chirac ; le dépit de voir Montebourg élu ; et l’est de Paris qui s’enfonce toujours un peu plus dans la folie des bobos et des bozos : toujours plus à gauche, se préparant à détruire, après les transports, toute forme de mise en valeur du travail. Qu’ils sont malheureux ces Parisiens, si préoccupés par leur chèque de fin de mois qu’ils oublient de voir les SDF qui s’agglutinent sur les trottoirs depuis six ans. Non, le coup de tonnerre de ce dimanche 17 juin, c’est bien sur l’annonce officielle de la séparation entre François et Ségolène. Le reste n’est que broutille, et madame Royal l’a bien compris. Constatant que son intervention, qui reprenait les priorités du gouvernement en les paraphrasant dans son propre vocabulaire et avec sa diction si particulière, n’intéressait que les habitants de Melle, l’annonce de la parution du livre évoquant ce fait saillant de leur vie privée est venue opportunément se greffer aux commentaires sur les résultats du second tour. La droite a gagné, la gauche n’est pas humiliée, la belle affaire. Ségolène Royal est une femme libre, qui fera tout pour récupérer un appareil qui lui a fait défaut le 6 mai dernier - le parti socialiste - et ainsi remporter la prochaine présidentielle. (Pitié !!) Désormais, la France est scindée en deux : les Royalistes et les Hollandais. Assisterons-nous prochainement à un remake du film bien nommé La guerre des Rose ? Reprenant les rôles de Michael Douglas et Kathleen Turner, le premier secrétaire du parti et son ex-compagne remporteront-ils un franc succès au box-office de l’édition et de la politique ? Trop tôt pour une diffusion lors de la fête du cinéma qui débute le 24 juin, l’adaptation sur grand écran de cette version 2007 aurait certainement concurrencé Ocean’s 13. Ce all stars cast (production US avec beaucoup de vedettes) comblera les aficionados des films d’arnaques, mais ne laissera pas un souvenir impérissable chez les autres. Heureusement, ce pur divertissement ne se prend pas au sérieux, pas plus que ses comédiens Messieurs Clooney, Pitt, Pacino ou Damon. Aux Etats-Unis, on peut être riche et célèbre et s’amuser dans son job. En France, le chemin est encore long pour faire accepter l’idée que succès se mérite mais n’est pas du. Alors, au boulot maintenant !
PG -17 juin 2007
mercredi 13 juin 2007
UNE MAJORITE BIEN PROPORTIONNEE
Après la congratulation nationale due au fort taux de participation à l'élection présidentielle - "Ah que la France est belle lorsqu'elle se déplace en masse pour honorer la démocratie" - vient le temps des désillusions avec le premier tour des législatives - « la gauche est démobilisée après cette terrible défaite » ; « le quinquennat a anéanti le sens des législatives » ; « Sarkozy avait tout calculé en inversant l’ordre des élections » ; « tout était joué d'avance » ; « on l'avait dit qu'il fallait la proportionnelle, cette Assemblée ne représente en rien le choix des électeurs ». Ah que la France est triste lorsqu'elle perd sa mémoire. Inutile de remonter à l’instabilité de la IVe République, c’est bien la proportionnelle qu’utilisa Mitterrand pour permettre au Front National de rassembler 35 députés en 1986 afin d’affaiblir la droite traditionnelle. Le Parti Socialiste incapable de mobiliser ? Encore faudrait-il trouver des idées et arrêter d’agiter les épouvantails : après le « tout sauf Sarkozy », voici venu le temps de « une trop forte majorité est un danger pour la démocratie ». Théorème valable uniquement pour la droite : en 1981, il y avait 329 députés socialo-communistes sur 491, soient 67% de l’Assemblée, mais aucun danger pour la démocratie car « on passait de l’ombre à la lumière ». Idem, ce théorème ne s’applique pas aux élections régionales : 20 régions à gauche sur 22, aucun danger pour la démocratie. Élections régionales dont le mode de scrutin est … la proportionnelle, bien plus démocratique que le scrutin majoritaire, comme on peut le constater. Quant au quinquennat, n°45 des 110 propositions du candidat à la rose en 1981, il conduit naturellement à une présidentialisation du régime, mais finalement, n’est-ce pas ce que souhaitent les Français ? Dans l’esprit d’une majorité d‘entre eux, le pouvoir législatif est subordonné au pouvoir exécutif. Avec un chef qui « dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit », les lois ne seront que la concrétisation de ses orientations. Creusant le sillon de la monarchie absolue, nous avons toujours remis les clés de la maison France à des hommes incarnant l‘ordre et la sécurité, avec plus ou moins de bonheur : de M. Thiers à Napoléon, de De Gaulle à Poincaré, de Clémenceau à Pétain, de Sarkozy à Mendès-France. En revanche, nous n’avons jamais apprécié à leur exacte valeur ces aréopages d’élus, responsables au pire de la Terreur, au mieux de la Reconstruction avant l’instabilité. De toute façon, combien de français comprennent le rôle réel des députés, sans même évoquer celui des sénateurs ? Alors, certes, il est choquant que les 7% du Modem soient moins récompensés en siège que les 4% du PC. Mais outre le fait que François Bayrou savait parfaitement ce qu’il faisait, et avait de facto accepté les règles du jeu, aucun électeur ne prendra les armes pour réclamer une représentativité parlementaire plus juste ou plus large. D’ailleurs, lorsque une minorité de français veut exprimer son désaccord avec le pouvoir exécutif, elle manifeste, elle fait grève, elle prend ses compatriotes en otage, elle défile, mais jamais elle ne pense qu’elle vit dans une démocratie représentative. Alors à quoi bon vouloir se faire élire ? Pourquoi perdre sa santé, parfois sa famille, pour un peuple d’ingrats et d’ignares ? Pour l’argent, que nenni ! Pour le pouvoir, il est illusoire ! A moins que tous ne courent vers l’inaccessible étoile de la Présidence, tels les spermatozoïdes vers l’ovule, lancés dans un flot qui les dépasse et les submerge. Faites un geste, allez les soutenir dimanche dans l’urne, avant d’aller voir Shrek le troisième. On y parle aussi de pouvoir, d‘alliance et de trahisons, de décisions impopulaires et de résistance, mais en riant de bon cœur et en parodiant contes de fées, Harry Potter et Merlin l’enchanteur. Votez pour le monstre vert. Et je ne parle pas de Noel Mamère.
WIKIPEDIA 2012
6 mai 2007. Ségolène Royal est élue Présidente de la République Française. « Une Présidente Royal » , titre Libé. « Nicolas Sarkozy battu », à la une du Figaro. 50,3% contre 49,7 %. Mais que s’est-il donc passé entre les deux tours ? Contre toute attente, le candidat de l’UMP a craqué dans la dernière ligne droite. Les sondages après le débat ont montré que sa passivité face aux attaques de sa concurrente ont nuit à son image de battant. « Je ne suis pas énervée, je suis en colère, il y a des colères saines ». Cette phrase a fait mouche dans l’opinion, affirmant qu’une femme peut se révolter sans hystérie. Les électeurs n’ont pas compris pourquoi il ne lui « rabattait pas son caquet » - je cite un des sondés. Certains indécis en ont conclu que l’homme à poigne, c’était elle. C’est une grande désillusion à droite, et une divine surprise à gauche. DSK, nommé Premier ministre, a ravalé son orgueil et accepté les conditions de sa rivale des primaires du PS. L’ouverture à Besancenot et Hulot, nommés respectivement ministre des transports et ministre de la lutte contre le gaspillage ; l’alliance avec le Modem de François Bayrou aux législatives ; le raz de marée du pacte socialo-écolo-centro-trotskyste à ces mêmes législatives ; la prise du pouvoir de Dominique de Villepin à l’UMP après la démission de Nicolas Sarkozy. Tous ces évènements survenus dans les deux mois qui suivirent ce 6 mai historique ont profondément modifié la société française. Incapables de gouverner ensemble, les membres de l’Alliance Royaliste - ainsi fut-elle baptisée par ses fondateurs - se sont rapidement réorganisés en sous-groupes au Palais Bourbon, reprenant leurs réflexes originels droite-gauche ; mais le partage des sièges à l’Assemblée voulu par la Présidente s’est alors traduit par une impossibilité à trouver une majorité pour voter les lois. Gouvernant à coup de 49-3, DSK fut rapidement censuré, remplacé par Montebourg pendant trois semaines puis par Bayrou, qui parvint en navigant tantôt à droite, tantôt à gauche, à faire passer quelques textes comme la fameuse loi « béarnaise » sur le rôle fondamental du cheval dans la société et son retour en ville pour remplacer les voitures. A cette date, les instances européennes avaient officiellement prononcé la faillite de la France et son exclusion de facto de l’Europe (confirmant ainsi les 2 référendums sur ce thème proposés par la Présidente Royal en juillet et novembre 2007). Les « peoples » quittaient le pays les uns après les autres, suivant ainsi le mouvement initié par les pionniers Mireille Matthieu, Gilbert Montagné et Enrico Macias. Patrick Sébastien lui-même affirmait être un déçu du « Bayroutisme ». La Présidente touchait le fond des sondages avec 23% de satisfaction et les gens regrettaient l’Age d’Or de la Chiraquie, l’ancien Président ne manquant jamais l’occasion, lors de ses nombreux déplacements à l‘étranger, de raconter en off ce qu’il aurait fait s’il avait été dans cette situation. C’est à l’occasion de l’anniversaire des trois ans de son élection que la Présidente Royal devint la Présidente-à-vie Royal : soutenue par la Nouvelle Armée Populaire, dont le gros de la troupe est constitué par les banlieusards délinquants envoyés apprendre l’Ordre Juste depuis septembre 2007 en Afrique, elle prit le pouvoir par les armes, puis triompha par un plébiscite qui associait le rétablissement de la peine de mort à la validation de son nouvel état. Les Royalistes triomphaient, la dictature matriarcale s’imposait au monde comme le vecteur de l’Ordre Juste, et les frontières se refermaient sur les 40 millions de français restants. On a appris cette nuit que l’ONU et l’OTAN ont voté une intervention militaire contre la France et sa leadeuse, « en raison du risque élevé de guerre que cette nation fait porter au monde libre. » L’ordre de mobilisation de chacun et chacune parviendra dans tous les foyers à 8 heures ce matin dans les boites mail obligatoires fournies gracieusement par l’Etat. Vive La Présidente ! Vive la France !
Inscription à :
Articles (Atom)